Regg001, le Mardi 23 Mars 2010 à 10h01, dit :
Également ce papier qui décrit très bien la mécanique du PDO et des différents cycles du PDO et IPO (Inter-decadal Pacific Osc.):
The Pacific Decadal Oscillation
Voici un résumé cet article.
Dans la phase positive du PDO (Pacific Decadal Oscillation), les eaux de surface du centre nord et du nord-ouest du Pacifique sont relativement froides, par rapport aux valeurs moyennes pour la même période de l'année, tandis que les eaux plus au sud et à l'est (donc le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord) sont relativement chaudes. Dans la phase négative du PDO, c'est l'inverse. Les anomalies de température des eaux de surface (SST) associées au PDO s'observent surtout l'hiver et le printemps. L'indice PDO est une moyenne temporelle sur 5 ans de ces anomalies.
Essentiellement, il y a deux modes d'oscillation du PDO qui se superposent : un de 15 à 25 ans (appelé IPO : Interdecadal Pacific Oscillation) et un de 50 à 70 ans (appelé Multi Decadal Oscillation). Bien qu'il puisse exister des modes supplémentaires, ce sont là les deux modes les plus énergétiques. Ils ont été révélés par des analyses spectrales, mais ont les devine bien sur un grahique présentant le PDO en fonction du temps (pour le dernier siècle). Ces deux modes n'ont pas la même configuration spatiale.
Grosso modo, on comprend la dynamique du PDO en ce qui concerne sa persistence d'une année à l'autre, mais il reste à comprendre les changements de phase.
Certains chercheurs pensent que le PDO pourrait être initié par une forte dépression au large des iles Aléoutiennes (nord-ouest du Pacifique) qui, par ses vents forts, provoquerait une remontée des eaux froides semi-profondes (remontée de la thermocline). Cette remontée génèrerait une onde de Rossby de grande longueur d'onde se déplaçant vers l'ouest dans l'océan Pacifique. (Cette hypothèse ne fait pas l'unanimité; d'autres chercheurs situent ailleurs l'origine du PDO, selon un autre article).
Une fois un fort PDO initié, les anomalies de températures sont persistantes à quelques mètres (ou dizaines de mètres) de profondeur. Alors, il suffit qu'une dépression suffisamment forte passant par là l'année suivante brasse les eaux de surface pour abaisser sensiblement les SST et faire renaître le PDO cette année là. C'est ce qui explique la persistence du PDO d'une année à la suivante, en l'absence d'un changement de phase marqué.
Des corrélations fortes ont été établies entre le PDO et les variation climatiques en Amérique (du Nord, Centrale et du Sud), en Asie et en Autralie. Par exemple, lors d'une phase positive du PDO, le temps est (en moyenne) relativement sec sur les Grands-Lacs et vers le nord-ouest, de même que sur la vallée de l'Ohio. Il est clair qu'une meilleure compréhension du PDO pourrait éventuellement mener à de meilleurs outils de prévision qui intégreraient aussi le phénomène ENSO et nous permettraient de mieux prévoir les variations climatiques à l'échelle d'une saison et d'une année.
Il a été largement constaté que les populations de nombreuses espèces de poissons (et autres animaux marins) et d'oiseaux dépendent des cycles du PDO. Une meilleure compréhension du PDO serait donc aussi très utile aux populations humaines et aux industries dépendant de ces ressources.
Modifié par Wave, 23 mars 2010 - 18:02.